Un faux virement bloqué de justesse, un compte de messagerie piraté, une campagne d'hameçonnage qui a trop bien fonctionné. Le lendemain, la direction demande « une formation cybersécurité pour tout le monde ». Le service formation se retrouve avec une demande large, urgente, et des propositions qui vont d'une conférence d'une heure à un cursus technique de plusieurs semaines. Le mot est le même ; les besoins n'ont rien à voir.
Trouver le bon intervenant commence donc par une question simple : qui faut-il former, et à quoi ?
En bref
Une demande de formation en cybersécurité recouvre au moins deux besoins distincts : la sensibilisation de l'ensemble des salariés aux menaces courantes, et la montée en compétences technique des équipes informatiques. Ils n'appellent pas le même intervenant. Pour la sensibilisation, partez des menaces qui touchent réellement les entreprises. Pour les formations techniques, le label SecNumedu-FC de l'ANSSI et les certifications inscrites au Répertoire spécifique de France Compétences sont des repères vérifiables.
Quelles menaces une formation doit-elle couvrir en priorité ?
Celles qui touchent effectivement les entreprises, et les données publiques permettent de les identifier. Selon le classement 2025 des cybermalveillances visant les professionnels publié par Cybermalveillance.gouv.fr, les quatre premières menaces pour les entreprises et associations sont :
- le piratage de compte, 21 % des parcours d'assistance, en croissance de 52 % ;
- l'hameçonnage, 16 % des diagnostics, en augmentation de 29 % ;
- la fraude au virement, 13,5 % des assistances, avec un nombre de diagnostics en progression de 93 % par rapport à 2024 ;
- les rançongiciels, 8,1 % des demandes d'assistance, en hausse de 9 %.
Ce classement donne une base solide pour construire le contenu d'une sensibilisation. Plusieurs de ces menaces exploitent un geste du quotidien : un mot de passe réutilisé, un lien ouvert, un ordre de virement exécuté sans vérification. Ce sont ces gestes qu'une session de sensibilisation cherche à faire évoluer.

Sensibilisation ou formation technique : quel intervenant pour quel besoin ?
Le choix de l'intervenant découle de la population visée.
Pour l'ensemble des salariés, l'enjeu est comportemental. L'intervenant doit savoir expliquer simplement, s'appuyer sur des situations proches du quotidien des participants et adapter son discours aux métiers : la comptabilité ne rencontre pas les mêmes tentatives de fraude que l'accueil. Un expert technique brillant n'est pas forcément la bonne personne devant un public non spécialiste.
Pour les fonctions exposées, comme la comptabilité, les achats ou les assistants de direction, un module ciblé sur la fraude au virement peut être plus pertinent qu'une session générale.
Pour les équipes informatiques, l'enjeu est technique. L'intervenant doit maîtriser le sujet en profondeur, et la formation peut viser une certification reconnue. C'est là que les labels et répertoires officiels deviennent utiles.
Quels repères officiels pour une formation technique ?
Le premier est le label SecNumedu-FC de l'ANSSI. Selon la page de l'ANSSI consacrée à cette labellisation, la part des enseignements consacrés à la cybersécurité doit s'élever à 70 % du total horaire au minimum. La formation doit conduire à une certification professionnelle inscrite au Répertoire spécifique de France Compétences, et/ou être conforme à un des référentiels reconnus par l'ANSSI. Le label est accordé pour trois ans.
L'ANSSI précise un point utile pour qualifier un intervenant : pour les formations labellisées sur le référentiel EBIOS Risk Manager, les noms des formateurs doivent être précisés sur le site de l'organisme, et ceux-ci doivent être signataires de la Charte du formateur EBIOS Risk Manager. C'est une vérification que tout acheteur peut faire lui-même.
L'ANSSI publie par ailleurs la liste des formations labellisées SecNumedu-FC. L'absence de label n'exclut pas un prestataire, mais sa présence est un élément vérifiable.
Quelles preuves demander à un intervenant ?
Au-delà des labels, quatre demandes permettent de distinguer les propositions.
- Le parcours de l'intervenant nommé : son expérience opérationnelle en sécurité, et les publics devant lesquels il a déjà animé.
- Le contenu rattaché aux menaces réelles : comment la session traite le piratage de compte, l'hameçonnage ou la fraude au virement, avec quels exercices.
- Les références appelables sur une population comparable à la vôtre.
- Ce qui est prévu après la session : supports, rappels, exercices répétés dans le temps.
Une méthode simple pour lire les propositions consiste à demander à chaque prestataire de rattacher explicitement son programme aux menaces du classement de Cybermalveillance.gouv.fr. Une proposition qui consacre l'essentiel de son temps à des notions générales et quelques minutes à la fraude au virement ne répond pas au même besoin qu'une proposition construite autour des cas les plus fréquents. Demandez aussi comment l'intervenant mesure l'effet de la session : exercices pendant la formation, mise en situation quelques semaines plus tard, indicateurs partagés avec la direction des systèmes d'information. Sans ce volet, il est difficile de savoir si les comportements ont changé. Notre article sur la vérification du niveau réel d'un formateur détaille la démarche de contrôle.
Comment cadrer la demande avant de consulter ?
Un brief utile sépare les populations et nomme le résultat attendu pour chacune.
- Qui : tous les salariés, fonctions exposées, équipes informatiques, avec les effectifs.
- Pour quoi faire : reconnaître une tentative d'hameçonnage, appliquer une procédure de vérification des virements, préparer une certification.
- Dans quel contexte : outils utilisés, politique de sécurité en vigueur, incidents récents à prendre en compte.
- Sous quel format : présentiel, distanciel, sessions courtes répétées.
- Avec quel budget, par population.
La méthode complète est détaillée dans notre article pour rédiger un brief qui rend les propositions comparables.
Comment Activateur Formation intervient sur ce type de besoin ?
Nous recherchons et comparons les intervenants ; nous ne formons pas. Activateur Formation n'est pas un organisme de formation et n'a aucun catalogue à écouler.
Sur une demande de formation en cybersécurité, nous partons de vos populations et de vos objectifs, recherchons les intervenants et les organismes qui correspondent à chaque besoin, et ramenons trois à quatre propositions à une base commune : profil de l'intervenant, contenu, format, labels ou certifications éventuels, prix. Vous tranchez. Le service est gratuit pour l'entreprise ; la commission est versée par le partenaire retenu, au même taux quel que soit le partenaire. Le cadre est détaillé sur notre page sourcing de formateurs et dans notre méthode.
Questions fréquentes
Quelles sont les principales cybermenaces pour les entreprises ?
Selon le classement 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, le piratage de compte arrive en tête pour les entreprises et associations, devant l'hameçonnage, la fraude au virement et les rançongiciels.
Qu'est-ce que le label SecNumedu-FC ?
Un label de l'ANSSI pour les formations continues en cybersécurité. La part consacrée à la cybersécurité doit atteindre au moins 70 % du total horaire, et le label est accordé pour trois ans.
Un même intervenant peut-il sensibiliser les salariés et former l'équipe informatique ?
C'est possible, mais les deux exercices demandent des compétences différentes. Vérifiez l'expérience de l'intervenant devant chacun des deux publics.
Où trouver les formations labellisées par l'ANSSI ?
L'ANSSI publie sur cyber.gouv.fr la liste des formations labellisées SecNumedu-FC.
Faut-il privilégier une formation certifiante ?
Pour les équipes techniques, une certification inscrite au Répertoire spécifique de France Compétences apporte un repère vérifiable. Pour une sensibilisation générale, le critère principal reste l'adaptation aux métiers et aux menaces réelles.
Publié le 17 septembre 2026.



