Publié le 10 octobre 2026.
Parmi 29 concepteurs de formation interrogés, 90 % utilisent l'IA générative au moins plusieurs fois par semaine. Pourtant, sur leur dernier module, 48 % déclarent qu'elle a produit moins d'un quart du contenu. Et pour 79 % d'entre eux, le temps de relecture n'apparaît nulle part dans le planning ou le devis.
Ces chiffres viennent du baromètre IA & Formation, dont Activateur Formation publie la première vague. Voici ce qu'il dit des usages, de ce que l'on refuse de confier à l'IA, et de ce qu'un acheteur de formation peut en retenir.
En bref
D'après ce baromètre, l'IA est installée dans le travail des concepteurs mais n'en est pas l'auteur principal : 72 % se décrivent comme des concepteurs assistés, 52 % lui laissent produire les quiz avant validation, 72 % refusent de lui confier l'animation en direct. La relecture est peu chiffrée (7 %), la transparence envers les apprenants rare (24 % l'ont indiquée), le cadre écrit minoritaire (21 %).
La première vague compte 37 réponses, dont 29 concepteurs. Elle est déclarative et non représentative de la profession.
Quelle place l'IA prend-elle réellement dans la conception ?
Une place régulière mais partielle : 48 % des concepteurs l'utilisent tous les jours ou presque, 41 % plusieurs fois par semaine, 7 % quelques fois par mois et 3 % rarement. Sur le dernier module conçu, l'IA a produit moins d'un quart du contenu pour 48 % d'entre eux et entre un quart et la moitié pour 45 %. Seuls 3 % situent cette part au-delà des trois quarts, et 3 % n'y ont pas eu recours.
Le gain n'est pas automatique non plus. À la question « arrive-t-il de passer plus de temps à faire produire par l'IA qu'à faire soi-même ? », 55 % répondent « oui, de temps en temps » et 3 % « oui, souvent ». Le temps de relecture et de correction représente entre 10 et 25 % du temps gagné pour 45 % des concepteurs, entre 25 et 50 % pour 34 %, et plus de la moitié pour 10 %.
Quelles étapes de la conception sont confiées à l'IA ?
Les quiz et évaluations sont l'étape la plus déléguée : 52 % des concepteurs répondent « l'IA produit, je valide ». Pour le cadrage du besoin (59 %) et la scénarisation pédagogique (48 %), la réponse la plus fréquente est « l'IA propose, je décide ». Pour la rédaction des contenus, 24 % laissent l'IA produire puis valident, et 38 % la laissent proposer.
Le rôle qui décrit le mieux le travail aujourd'hui confirme ce partage : 72 % se disent concepteurs assistés, l'IA étant un outil parmi d'autres, 14 % produisent eux-mêmes et 10 % se décrivent comme curateurs, qui sélectionnent et assemblent.
Interrogés sur ce que l'IA a changé dans leur métier, certains répondants, qui ont accepté d'être cités, parlent d'idéation. Un formateur ou consultant indépendant répond : « L'IA est un challengeur compétent pour confronter mes idées et les faire évoluer. A condition de le nourrir avec de la matière pertinente. »
Que refuse-t-on de confier à l'IA ?
L'animation en direct face aux apprenants arrive en tête : 72 % des concepteurs refusent de la confier à l'IA. Viennent ensuite le feedback individuel à un apprenant (45 %), les contenus réglementaires ou de conformité (34 %), puis l'évaluation et la certification des apprenants (17 %). Les cas et mises en situation métier ne sont refusés que par 7 %. Par ailleurs, 17 % répondent que tout est ouvert à l'IA du moment que c'est relu (plusieurs réponses étaient possibles).
Ce partage dessine une ligne de lecture : l'IA est acceptable en amont et en production de matériaux, moins quand la relation avec l'apprenant ou la responsabilité de l'évaluation entrent en jeu.
Pourquoi la relecture reste-t-elle invisible ?
Parce qu'elle est rarement identifiée comme un poste : pour 79 % des concepteurs, le temps de relecture et de validation est absorbé dans le temps de conception, 7 % ne le prévoient pas du tout, 7 % le prévoient de façon approximative et 7 % le chiffrent explicitement.
Le circuit de validation est lui aussi variable. Avant diffusion, 34 % des concepteurs relisent et valident seuls, 31 % font intervenir un pair ou un expert métier, et 34 % disposent d'un circuit de validation formalisé.
Pour un acheteur, cette observation déplace la question. Plutôt que de demander seulement si l'IA est utilisée, il est plus utile de demander qui relit, selon quel circuit, et si ce temps est prévu dans le devis.
Les apprenants sont-ils informés, et un cadre existe-t-il ?
Rarement. Sur le dernier module, 62 % des concepteurs n'ont pas indiqué aux apprenants qu'une partie du contenu était produite avec l'IA, et 24 % l'ont fait noir sur blanc ; 10 % n'avaient pas diffusé le module et 3 % ne savent pas.
Côté organisation, 55 % des concepteurs travaillent dans une structure où les usages sont tolérés sans règle, 21 % disposent d'une charte ou d'une procédure écrite, 17 % d'une règle en cours d'écriture, et 7 % ne savent pas.
La protection des données est d'ailleurs la première raison de dire non à l'IA pour l'ensemble des répondants (41 %), devant la qualité pédagogique et l'impact environnemental (22 % chacun).
Quels effets les concepteurs constatent-ils, et que mesure-t-on vraiment ?
Les effets déclarés sont positifs, mais rarement mesurés. 72 % des concepteurs jugent la qualité pédagogique meilleure (note 4 ou 5 sur 5), 28 % inchangée, et aucun ne la juge dégradée. Il s'agit d'une auto-évaluation. Le volume de production a augmenté, sans doubler, pour 52 %, il est stable pour 41 % et a baissé pour 7 %.
Sur l'effet sur l'engagement ou l'ancrage des apprenants, 48 % ne mesurent pas, 28 % ne constatent aucun effet visible et 24 % constatent un effet en mieux. Autrement dit, près d'un concepteur sur deux juge la qualité meilleure sans disposer de mesure côté apprenant.
Du côté de l'ensemble des répondants, 57 % jugent qu'on peut encore concevoir sans IA, mais au prix d'un désavantage concurrentiel, 27 % le peuvent sans difficulté et 5 % estiment que ce n'est plus tenable économiquement.
Que disent les acheteurs de formation ?
Leur nombre est trop faible pour en tirer des pourcentages : seuls 8 répondants pilotent ou achètent de la formation sans la concevoir, leurs réponses sont donc données en effectifs. Sur 8, 3 demandent au prestataire s'il utilise l'IA quand le sujet s'y prête, 1 ne le demande jamais, et 4 ne s'étaient pas posé la question. Pour 4 d'entre eux, cet usage n'est pas formalisé du tout.
Face à un prestataire qui annoncerait 70 % du module produit par IA, 4 acheteurs sur 8 attendraient une baisse de prix, 2 jugeraient que tout dépend de qui a relu et validé, 1 n'y verrait aucun problème si la qualité est au rendez-vous et 1 ne signerait pas.
Pour prolonger ce sujet, la page sur l'intégration de l'IA dans la formation et la ressource sur les outils IA à utiliser en formation complètent ces données.
Comment lire ces résultats avec prudence ?
Comme des pratiques déclarées par un petit groupe. Les réponses ont été reçues du 17 au 29 septembre 2026, et 81 % viennent d'un lien de diffusion associé au Bootcamp IA & Formation : l'échantillon reflète donc ce canal de diffusion. Les réponses sont déclaratives, et des écarts de quelques points ne sont pas significatifs.
L'échantillon se compose de 29 concepteurs et de 8 répondants qui pilotent ou achètent de la formation. Le détail des tableaux figure sur la page du baromètre IA & Formation.
Comment Activateur Formation peut-il vous aider à choisir un prestataire qui travaille avec l'IA ?
Activateur Formation est un courtier en formation : il ne dispense pas de formation lui-même. Nous interrogeons notre réseau de 1 500 partenaires formation à partir de votre besoin, et les questions d'usage de l'IA (qui relit, comment, avec quelle information aux apprenants) peuvent faire partie des critères instruits avec vous. Vous recevez 3 à 4 profils sous 24 à 48 heures ouvrées, et la décision reste la vôtre.
Le service est gratuit et sans engagement pour l'entreprise : il est rémunéré par le prestataire retenu, par une commission au même tarif, sans majoration de prix. Les sujets liés à l'IA sont présentés sur notre page IA et formation, et le fonctionnement dans notre méthode.
Questions fréquentes
Quel pourcentage de concepteurs de formation utilise l'IA ?
Dans ce baromètre, 90 % des 29 concepteurs l'utilisent au moins plusieurs fois par semaine. 81 % des réponses venant d'un lien associé au Bootcamp IA & Formation, ce chiffre ne peut pas être généralisé à l'ensemble de la profession.
Faut-il informer les apprenants qu'un contenu a été produit avec l'IA ?
Le baromètre ne répond pas à la question sur le plan juridique : il décrit seulement les pratiques. 24 % des concepteurs l'ont indiqué explicitement sur leur dernier module et 62 % ne l'ont pas fait. Pour toute question réglementaire, un conseil juridique reste nécessaire.
Que demander à un prestataire qui utilise l'IA ?
Trois questions découlent des résultats : qui relit et valide avant diffusion, ce temps de relecture est-il prévu dans le devis, et les apprenants sont-ils informés. Ce sont des pistes de lecture d'Activateur Formation, pas des résultats de l'enquête.
Peut-on citer les chiffres de ce baromètre ?
Oui, à condition de rappeler qu'il s'agit d'une première vague de 37 réponses, non représentative et déclarative. La référence à citer est : Activateur Formation, Baromètre IA & Formation, première vague, octobre 2026.
Gratuit et sans engagement pour l'entreprise.



